Après deux années de turbulences réglementaires, MaPrimeRénov’ aborde 2026 avec un budget relevé mais des règles profondément remaniées. Entre fermeture temporaire du guichet, nouveaux plafonds de dépenses et travaux exclus du dispositif, les propriétaires qui envisagent des rénovations doivent s’y retrouver dans un cadre sensiblement différent de celui de 2023.
Un dispositif secoué, puis stabilisé autour d’un budget de 3,6 milliards
Le bilan 2024 est éloquent : seulement 340 800 logements ont bénéficié d’une aide, contre 569 000 un an plus tôt, soit une chute de 40 %. La réforme de janvier 2024, qui avait provisoirement supprimé les subventions pour les travaux par geste, a largement contribué à ce recul. Résultat : le budget 2025 a été réduit à 2,5 milliards d’euros, contre 4 milliards l’année précédente, au nom d’une « sous-consommation » des crédits.
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Pour 2026, le cap change. Le projet de loi de finances, adopté début février via l’article 49.3, alloue à Ma Prime Renov une enveloppe de 3,6 milliards d’euros. L’Anah vise 120 000 rénovations d’ampleur cette année, dont 68 000 en copropriété. Un objectif ambitieux, d’autant que le guichet dédié aux rénovations globales avait été suspendu en juin 2025 avant de rouvrir partiellement le 30 septembre, réservé aux seuls ménages très modestes (profil Bleu) et aux logements classés E, F ou G au DPE.
Les résultats auprès des bénéficiaires restent encourageants : 72 % constatent une baisse de leurs factures d’énergie après travaux, et 86 % font état d’une amélioration du confort. Pour en savoir plus sur les aides à la rénovation, vous pouvez consulter les conseils travaux du site.
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Ce qui change concrètement : profils, barèmes et travaux exclus
Depuis janvier 2026, les règles du parcours par geste ont été resserrées. Le décret du 8 septembre 2025 exclut désormais deux catégories de travaux de ce parcours : l’isolation des murs (par l’extérieur ou par l’intérieur) et les chaudières biomasse à alimentation automatique ou manuelle. Ces postes ne sont plus financés qu’en rénovation d’ampleur. Les poêles à bois, inserts et foyers fermés, eux, restent éligibles par geste.
Le dispositif classe toujours les ménages en quatre profils selon les revenus fiscaux de référence. Les profils Bleu (très modestes), Jaune (modestes) et Violet (intermédiaires) conservent l’accès au parcours par geste. Le profil Rose, correspondant aux revenus supérieurs, en est exclu en métropole depuis cette année. À titre d’exemple, un ménage Bleu peut prétendre à 5 000 € pour une pompe à chaleur air-eau, 11 000 € pour une PAC géothermique, ou encore 25 €/m² pour l’isolation des combles. Les montants décroissent pour les profils Jaune et Violet.
Du côté du parcours accompagné, les plafonds de dépenses éligibles ont également été abaissés depuis septembre 2025 : de 40 000 à 30 000 € HT pour un saut de deux à trois classes DPE, et de 55 000 à 40 000 € HT pour trois classes ou plus. Le palier à 70 000 € HT pour quatre classes ou plus a été supprimé, tout comme le bonus de 10 % pour la sortie de passoire énergétique.
Propriétaires de passoires thermiques : une priorité, mais sous conditions
Les logements classés E, F ou G au DPE restent au centre des priorités du dispositif. Depuis la réouverture partielle de septembre 2025, le parcours accompagné leur est réservé en priorité, ce qui traduit une logique claire : concentrer les aides les plus importantes sur les biens les plus énergivores, ceux dont la rénovation représente aussi le gain le plus fort pour les futurs occupants.
Pour un propriétaire qui vient d’acquérir une passoire thermique ou envisage de mettre son bien en location, l’enjeu est double. Les échéances d’interdiction de mise en location des logements les plus mal classés rendent la rénovation incontournable, et MaPrimeRénov’ reste l’un des leviers de financement les plus accessibles, à condition de déposer la demande avant le démarrage des travaux. L’instabilité du cadre réglementaire observée depuis 2024, avec trois réformes majeures en deux ans, invite à ne pas reporter inutilement les démarches.

