Choisir un locataire : critères et conseils pour un propriétaire

Accepter un locataire, c’est naviguer sur une ligne de crête : la loi interdit toute discrimination, mais n’impose aucune liste exhaustive de critères. Le propriétaire peut donc privilégier un dossier solide en revenus, tout en déclinant une demande portée par une famille stable, à condition de rester dans les clous du droit. L’essentiel : que chaque choix repose sur des éléments concrets, vérifiables, et jamais sur une intuition ou une préférence d’ordre personnel.

Les critères légaux à respecter pour sélectionner un locataire

La sélection d’un locataire ne s’arrête pas à la question du salaire ou du type de contrat de travail. Le propriétaire, qu’il agisse seul ou via une agence immobilière, doit composer avec un cadre légal strict qui balise chaque étape de la location. Impossible d’évacuer cette réalité : la loi protège les candidats contre les refus arbitraires.

Le propriétaire n’a aucun droit de trier les demandes selon l’âge, l’origine, la situation de famille ou la santé d’un candidat. Ainsi, écarter un jeune, un retraité ou un parent solo simplement sur leur situation expose à de lourdes sanctions. Mieux vaut s’appuyer sur des critères incontestables, qui tiennent la route devant n’importe quel contrôle : la vérifiabilité et l’objectivité.

Voici les principaux points à examiner pour une sélection juste :

  • Solvabilité : Le rapport entre le loyer et les revenus reste le socle de la sélection. Généralement, trois fois le montant du loyer net rassure le bailleur, mais ce n’est pas une obligation gravée dans le marbre.
  • Stabilité professionnelle : Un CDI ou une ancienneté dans le poste peut peser dans la balance, mais d’autres situations sont recevables, à condition que la garantie soit solide (caution, garantie Visale…).
  • Garanties complémentaires : Caution solidaire, assurance loyers impayés : ces protections ne sont pas superflues pour sécuriser la gestion locative.

L’état des lieux, le contrat de bail et la confidentialité des documents personnels complètent le dispositif réglementaire. Installer un cadre limpide, dès le départ, apporte de la sérénité aux deux parties. Ce n’est pas une question de valeur humaine, mais de bonne gestion.

Quels documents demander sans commettre d’erreur ?

Composer un dossier de location pertinent relève d’un vrai exercice d’équilibriste : il faut s’assurer de la fiabilité du candidat sans jamais franchir les limites fixées par la loi. La liste des documents autorisés est précise et il n’y a aucun intérêt à s’en écarter.

Pour la pièce d’identité, un document officiel en cours de validité suffit, carte d’identité, passeport ou permis de conduire. Côté justificatif de domicile, une facture récente, une quittance de loyer ou une attestation d’hébergement font foi. Pour la situation professionnelle, l’idéal reste de combiner le contrat de travail, une attestation de l’employeur, ou un extrait Kbis pour un indépendant.

Trois bulletins de salaire récents permettent de mesurer la régularité des revenus. L’avis d’imposition donne une vue d’ensemble sur le niveau de ressources. En revanche, il est interdit de réclamer des relevés bancaires, une photo ou un extrait de casier judiciaire.

Pour être clair, voici les documents à privilégier lors de la constitution du dossier :

  • Pièce d’identité valide
  • Justificatif de domicile récent
  • Contrat de travail ou attestation d’employeur
  • Bulletins de salaire
  • Avis d’imposition

La location meublée ne nécessite pas d’autres justificatifs. Tout excès ou demande de pièces hors liste (décret du 5 novembre 2015) expose à des sanctions. Un dossier complet et conforme protège à la fois le propriétaire et le locataire, tout en fluidifiant les démarches.

Évaluer la fiabilité d’un dossier locataire : signaux à repérer et astuces de vérification

L’examen du dossier commence par une lecture attentive des revenus indiqués. Le rapport entre le loyer et les ressources doit être cohérent : trois fois le montant du loyer hors charges reste la référence. Il s’agit ensuite de vérifier la cohérence des bulletins de salaire, la stabilité de l’employeur et l’ancienneté dans le poste. Face à une situation professionnelle récente, ou des revenus irréguliers, la vigilance s’impose.

Les fiches de paie ne font pas tout. L’avis d’imposition complète utilement la photographie financière : il permet d’identifier des écarts ou des incohérences. L’absence de cohérence entre les différents justificatifs doit alerter.

Pour sécuriser davantage la location, il existe plusieurs dispositifs. L’assurance loyers impayés (GLI) couvre le bailleur en cas de défaut de paiement. La caution solidaire, ou le garant, offre aussi une protection supplémentaire : il convient de vérifier leur capacité à assumer l’engagement, en réclamant des justificatifs similaires (bulletins de salaire, avis d’imposition, titre de propriété).

Certains signaux ne trompent pas : documents partiellement masqués, qualité d’image douteuse, adresses différentes d’un justificatif à l’autre, ou justificatifs délivrés par des organismes inconnus. Les faux documents restent une réalité : il ne faut pas hésiter à contacter l’employeur ou à vérifier les informations par des outils en ligne spécialisés. Une vérification rigoureuse et une exigence de transparence limitent fortement les risques d’impayés et sécurisent la gestion du bien.

Homme âgé souriant serre la main d une jeune femme devant un immeuble

Créer une relation sereine avec son locataire dès la sélection

La gestion locative ne démarre pas au moment de la remise des clés, mais bien dès le premier contact. L’ambiance se pose d’entrée : mieux vaut exposer ses attentes, expliquer les règles du logement, les modalités d’entretien et de vie en communauté. Un cadre posé, c’est un locataire qui s’engage avec clarté.

Un échange direct s’avère précieux, même si une agence immobilière se charge de la mise en relation. Quelques minutes suffisent parfois pour percevoir l’attitude et la sincérité d’un candidat. Une communication franche évite bien des malentendus par la suite, lors de la signature du bail ou de l’état des lieux.

La rédaction du contrat doit être précise : toutes les particularités du bien, les obligations et les accès aux parties communes doivent être inscrits noir sur blanc. Les outils numériques, comme un logiciel de gestion locative ou la signature électronique, facilitent et sécurisent les échanges.

Pour poser des bases saines, voici quelques mesures à privilégier :

  • Un état des lieux détaillé, consigné par écrit, qui protège toutes les parties en cas de désaccord au départ du locataire.
  • Une visite préalable du logement, avant la signature, pour permettre au candidat de se projeter et au propriétaire de vérifier ses intentions.
  • Le rappel de l’intérêt à souscrire à une assurance loyers impayés, si le dossier l’exige.

Installer une relation humaine et transparente, sans négliger le sérieux de la gestion : c’est là que commence la tranquillité d’esprit pour le propriétaire et un cadre fiable pour le locataire. La confiance, ça ne s’improvise pas. Elle se construit, dès la sélection et à chaque échange.

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